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Lombre et la Lettre
La seule chose admissible dans lart, cest
de laccepter comme étant une aventure: Guetter linstant
fugitif où la mort ne fait que passer... Les formes excavées
disent la vanité du paraître, lessentiel de la
structure sculptée, où la Lettre échoue devant
le silence de lÊtre...
Une énigmatique acceptation du néant comme origine
de la création; on peut dire des sculptures de Maki Georgeon:
Soldats-artistes du haut de ces silhouettes de sable un million
dannées vous contemplent.
Le grand désert sert de cadre à cette allégorie
qui porte une Mésopotamie dans le creux de la main; et cest
le temps qui file à la vitesse dun Icare prisonnier
du Soleil...
Livresse du démiurge ne passe pas par les oeuvres de
Maki; on y trouve une interrogation immobile, tel un sphinx érigé
dans la pierre, dont la mort est lhôte et lénigme.
La seule chose acceptable dans lart : Guetter lOmbre
sur la dune fuyante...Une oeuvre sans fard , belle comme un rève
dargile, comme une interjection du contemporain dans le passé,
une oeuvre de prêtresse du silence, en interface avec un travail
artisanal; une épopée communiquante, montrant comment
la ,Sculpture déjoue les stéréotypes du langage;
cependant, elle se maintient dans les limites dune technique
maîtrisée, en rapport avec un matériau aussi
peu ailé que le mortier; celui -ci monté par la main
de lartiste devient empenné des ailes de la Poésie...
Un marériau pesant transformé en Sylphe, une tour
de vigilance ramenée à létat de symbole;
une aventure roulant vers une Abyssinie de rêve, partie à
la recherche de ce qui reste de dépouillement possible, dans
lexcavation des lignes qui vont plus loin, à destination
des contrées extrêmes...
Une oeuvre qui garde la tête froide (pas de fièvre
éthique trémulante); une liturgie inscrite dans la
durée, face à larbitraire dune culture
médiatique et marchande, qui prend benoîtement chaque
matin le chemin de lErèbe; fils de chaos et frère
de la nuit...
Amen
Antoine Fouco le 24 / 10 / 06
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